06 mars 2009
"Pécresse, Régresse !"©
Hier, je suis allée manifester auprès des enseignants chercheurs. C’était ma première manif, j’étais toute émue ! Le titre de ce post est d'ailleurs l'un des slogans qu'on pouvait y entendre.
Je ne ne sais pas si les enseignants chercheurs ont totalement raison dans leurs revendications, mais ce que je vois, c’est que ça fait un mois que je n’ai eu aucun cours, zéro, rien, nada ! Donc entre rester chez moi à rien faire, ou aller les soutenir (histoire de grossir les rangs pour faire un peu plus peur au gouvernement) mon choix a été vite prit.
Bon, on est militant ou on ne l’est pas : le cortège partait de Denfert-Rochereau et allait jusqu’aux Invalides. Nous, on l’a récupéré à la moitié du chemin, à Montparnasse, après avoir bu un verre pendant deux heures. Le début de cortège dans la foule compacte, non merci !
Ensuite, on a remonté le cortège pour trouver ceux de Paris X, au passage on en croisait qui était super animé, avec des percu et tout. On voulait les rejoindre, mais notre côté “j’appartient à telle fac” à reprit le dessus. En fait, on s’attendait surtout à voir pas mal de monde de notre fac. Tu parles ! 4 banderoles qui se battaient en duel et des voix plus qu’essoufflées !
On a retrouvé Pétrushka, qui avait l’air ravie de nous voir : on espère secrètement qu’elle nous mettra des points en plus pour notre partiel, et je croise les doigts pour qu’elle ne m’en mette pas moins que les autres parce qu’elle m’a vu danser et chanter comme une casserole derrière la sono de la CGT. Ben oui, parce que l’ambiance était tellement morte (chacun se parlait dans son coin, pas de slogans criés…) qu’il nous a fallu nous coller à la voiture de la CGT pour avoir un semblant d’ambiance (très Disco la playlist de la CGT d’ailleurs).
C’était une manif calme, bon enfant, et pour une première, l’idéal.
Et on a fini par une petit balade dans Paris, avec un coucher de soleil plus qu'agréable, je regrette pas d'avoir fait quelques petits détour pour faire une partie "tourisme".
Maintenant, je cherche dans les médias quelques infos, et c’est incroyable de voir que ça passe inaperçu ! Ce que les médias ne disent absolument pas, c’est que si les syndicats d’enseignants-chercheurs n’obtiennent pas satisfaction, ils ne participeront pas à l’élaboration des sujets de partiels, ni aucun jury. Ça ne vous parle pas ? Et bien déjà, ça signifie que toute l’université va stagner à la même année puisqu’il n’y aura pas de partiel (en gros, mon premier semestre je l’aurai dans le cul). Ensuite, il faut savoir que pour n’importe quel jury du baccalauréat, il y a un enseignant-chercheurs qui préside, donc s’ils boycottent, ça signifie qu’il n’y aura pas d’épreuves de Bac, ni de Capes. Là, je crois que l’argument de pression est assez convaincant...
Je m’amuse à regarder les commentaires des gens sur les articles de presse en ligne, et tous ont le même discours : “profs-étudiants = même combat = fainéants”. Sans oublier le “ils nous empêche d’aller travailler !” ou bien “dès qu’il y a une réforme en France, de toute manière c’est la grève assurée !”. Je m’interroge, sur ce que savent vraiment ces gens, des informations données par la presse, sur la validité des revendications des profs, sur la grève en France en général…
Un commentaire parlait du fait qu’il n’y a jamais autant eu de corporation de métier aussi unis dans la grève, et c’est vrai que ça donne un peu cette impression. Cette tendance à revendiquer plus nos avoirs quand dans d’autres pays est-il dû à notre passé de révolutionnaire, ou bien est-ce dû au fait qu’en France, l’habitude à été prise de passer des réformes sans consulter les gens qui travaillent sur le terrain ?
J’entendais un monsieur (ayant un statut qui lui apporte validité, mais je ne me souvient plus lequel c’était) qui disait que dans les pays Scandinaves, il y avait peu de manifestations, mais parce que le gouvernement discutait énormément avec les syndicats, il y avait un dialogue et non pas un rapport de force.
Bref, je m’interroge… Si la psycho m’a apprit quelque chose, c’est qu’il est très facile de manipuler les opinions en jouant sur pleins de facteurs. De là, il devient dur de pouvoir se faire une opinion à partir d’une source qui n’a pas déjà été manipulée ou biaisée.
Ce qui me fait peur aussi, c’est de voir le comportement de la presse, qui relaye des infos erronées ou à la va-vite, voir ne relaye rien du tout, alors qu’une menace de boycott d’examen, ça n’est pas rien quand même. Ils posent l’image d’une énième manifestation stérile du milieu estudiantin alors que c’est la question de l’indépendance de la recherche qui se pose parmi les revendications (je ne sais pas si vous vous souvenez de ce projet de loi pour détecter la délinquance infantile ? Et bien, projetez-vous dans une recherche qui n’est pas indépendante et voyez ce que ce projet de loi aurait pu donner…)
Au fur et à mesure de ma réflexion, il est a noter que j’ai pu mettre en application mes cours de sociale sur moi : je ne m’identifie pas fortement à mon groupe (les étudiants/l’université) pourtant, lorsque je vais manifester en dilettante et que j’entends les passants gueuler sur les manifestants, je ressent un besoin interne de justifier plus fortement ma position d’étudiante pour être cohérente avec moi-même. (faudra que je vous fasse un petit article sur les groupes, c’est très intéressant, et vous vous marrerez encore plus en regardant Koh-Lanta !)
Tout ça pour dire que la semaine prochaine, si les grèves et les manifestations doivent être maintenues, je retournerai manifester en dilettante, parce que je sais pas pourquoi, mais j’ai plus confiance en mes profs qui nous parlent de leur conditions de travail qu’en un gouvernement qui veut passer des réformes sans consulter les gens de terrain, et parce que je ne perçois pas ça comme un combat de gauchos, mais comme un revendication qui unit tous les bords...
10 février 2009
Mieux vaut bonne attente que mauvaise hâte
Oui, dans un sens, ça n'est pas faux. Ne pas se précipiter, prendre son temps, j’adhère. Sauf que quand il y a attente ET mauvaise hâte, c’est plus le même son de cloche forcément.
Et oui, les deux sont possible, lorsque cela se prolonge sur une durée suffisamment longue pour le constater. Petite cas pratique ? Ok.
Aujourd’hui, rentrée de second semestre, une grève des profs à été votée, ils font une grève active. Ce type de grève est assez intelligent et mature, car les professeurs viennent quand même au cours, ne serait-ce que pour prévenir qu’ils ne feront pas cours et pourquoi (c’est le minimum syndical niveau respect, et ils l’appliquent tous à 98%, donc merci à eux). Certains restent sur la durée du cours, et parlent de leur statut d'enseignants-chercheur et décryptent les motifs de la grève avec les étudiants. Il ne font pas le cours prévu, mais sont là. Là aussi c’est un respect pour les étudiants qui se sont déplacés.
Et d’autres encore parlent de faire l’amphi prévu, mais de parler de la grève de manière psychologisée : ou comment rendre la grève pédagogique et ludique.
Là, on est dans l’attente, parce que le mouvement ne va pas s’arrêter comme ça d’après ce qui se dit, et surtout, parce que les syndicats étudiants s’en mêlent. Sous couvert de soutenir les enseignants-chercheurs (et futurs chercheurs qu’ils pourraient être…) ils en profitent pour rejouer la troisième mi-temps de la LRU et pleins d’autres causes quasi sans rapport (tellement sans rapport qu’on pourrait ironiser, sans trop grossir le trait, qu’ils seraient capables de voter une motion pour/contre la tempête…). Le mot blocage n’a pas encore été prononcé, mais il est dans toutes les pensées, de ceux qui le redoute comme de ceux qui l’affectionne.
Bref, ceci est l’attente. Maintenant, la mauvaise hâte, ça va être quand tout ce petit monde va cesser le mouvement sans avoir eu satisfaction, et que ce sera la merde pour les partiels où on sera noté sur une moitié d’année (ou sur une biblio pour les plus pervers, si tant est qu’on nous en donne une un jour). Qu’on ne se méprennent pas : les enseignants-chercheurs font beaucoup plus sérieux dans leur revendications que les étudiants, et ils me sont sympathiques (surtout qu’en parcourant leur revendication, ça peut se tenir), c’est juste que cette année, j’avais une sacrée motivation, et que ça me frustre de trépigner chez moi sans avoir ne serait-ce qu’une fiche à faire, ou une biblio à lire…
J’aime tellement ce que je fais que les vacances me font presque chier, et quand il s’agit de vacances forcées en tout début de semestre, je tourne en rond chez moi, frustrée de ne pas apprendre...
....
Putain, je pensais pas dire ça un jour !
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Aller, petit insolite cadeau, trouvée en cherchant mon programme télé de ce soir :
Un peu trop musclée à mon goût la Carole Rousseau...
13 décembre 2008
Sois con et tais-toi !
Ce pourrait être la devise de la RATP à l’égard des usagers. Ariane m’a devancé sur le sujet : prendre la ligne A aujourd’hui équivaut à un bon test quotidien de patience !
Depuis la rentrée, on peut désormais compter le nombre de jour où l’affichage n’était pas sertie d’une bandeau jaune (synonyme d’un problème, donc de retard) sur les doigts de la main. Effarant tout de même ! Cependant, on peut remarquer que cette année les excuses sont variées. Petits florilège :
Accident de voyageur
Accident de voyageur : malaise grave (plusieurs degrés comme vous pouvez le constater)
Accident de caténaires
Répercussion avarie aux installations
Répercussion incident aux installations
Répercussion incident aux installations fixes (là aussi plusieurs degrés)
Bien évidemment, ceci n’est qu’un aperçu, il y en a d’autre, et leur imagination se démène pour nous trouver de nouvelles excuses quotidiennes, sans doute pour ne pas nous lasser. L’effet pervers, c’est que ça donne l’impression que tout le RER A s’écroule sous la rouille. C’est parce que c’est le cas ?? Ah..
La nouveauté de cette année aussi, ce sont les incendies : Deux ou trois depuis la rentrée. Pas plus tard que jeudi, ma mère se retrouve à mettre 3h pour faire Gare de Lyon-Rueil, quand on sait que 45 minutes à peine suffisent en “temps normal”. Et le pire, c’est qu’elle a fait quasi tout le trajet sur la ligne 1, pas le RER A (ben non, celui-là ne marchait pas). Forte du dynamisme ambiant de ses congénères, elle prend son mal en patience et attend à la Défense (terminus de la ligne 1 et surtout, début des emmerdes pour rallier Rueil). On annonce 3 RER qui arrivent.
Génial !
Seulement, ces trois RER sont en direction de Cergy, une autre branche où n’est ben sûr pas situé Rueil.
Salauds !
Mais entre temps, la RATP offre un joli feu d’artifice à ces voyageurs (im)patients : les RER démarrent, et les caténaires projettent des étincelles jusque sur le quai. Un vrai son et lumière maison, la chance !
Le soir même, l’accident était toujours d’actualité, nous voici donc à attendre sur le quai de Nanterre-U dans le froid. Une voix nous annonce un train en direction de St-Germain dans 15 minutes. Bien, pas besoin d’avancer à la prochaine station pour se réchauffer alors ! 5 minutes plus tard, le décompte s’effectue bien pour la direction de Paris, mais St-Germain est toujours bloqué à 15 minutes. Normal quoi.
Et encore, là on avait des RER, à l’incendie d’avant, qui avait eu lieu en fin de matinée, il avait fallu rentrer à pieds (ou en co-voiturage) à 20h puisqu’il n’y avait aucun RER.
Bien évidemment, ces “petits” accidents ne sont pas les seuls. Le pire, à ce qu’il me semble, ce sont les “inexpliqués”.
Les matins où je commence à 8h-8h30, je prends soin de prendre le RER avant 8h, sinon c’est archi-bondé, et je sais que même pour 2 stations, le malaise guette. Pour ne pas gêner les usagers avec un énième “accident de voyageurs”, je prend donc sur moi et mon temps de sommeil, et je pars plus tôt. En général, j’arrive à la gare à 7h40-45. Un RER est annoncé à 50 et les suivants à 55, et ensuite 8h00.
Génial ! Je n’aurais pas à attendre trop longtemps !
45’ - Encore 5 minutes d’attente.
50’ - Ah ! Il devrait arriver ! Je m’avance parmi une foule déjà bien conséquente malgré l’heure.
52’ - Toujours pas de RER, ben voyons…
55’ - Peut-être aurons-nous celui de 55’ du coup : tout le monde guette et trépigne.
57’ - Toujours pas de RER, et aucune annonce. Non, à la place, on se contente de changer l’horaire du prochain RER, c’est tellement plus simple !
8h00 - Le voilà enfin qui arrive ! Seulement, entre temps, le quai s’est bondé de monde (tu penses, 2 RER étaient censés passer !) et le RER qui arrive n’est pas exempt d’usagers lui aussi. Ça s’annonce épique pour monter dans celui-là, fais chier ! A quoi ça sert de se lever plus tôt pour avoir de la place s’ils s’acharnent à nous pondre des retards sans motifs et nous amener des RER bondés dès 5 stations ??!
Le pire dans tout ça, c’est qu’entre temps :
- 1 RER est passé à vide, et un autre est à quai de l’autre côté.
- Celui qui arrive enfin pour nous s’arrête comme si de rien était pour taper la discute au QG RATP de la gare de Rueil. Et vas-y que je te dépose les collègues, que je leur souhaite tranquilou une bonne journée, et que je papote encore deux-trois minutes avec. Nous, on a super chaud et on est ravis d’attendre, pas de soucis les gars !
On a aussi le RER qui s'arrête 10 minutes dans chaque gare, ou en pleine voie, pour :
a) Laisser passer un autre RER. Évidemment, t'es toujours dans celui qui s'arrête, et de préférence quand t'es à la bourre.
b) Le train de devant est lui-même arrêté en gare et il a un problème (ou pas)
c) Tu ne sais pas pourquoi, mais ça fait quand même chier !
L’autre type de retard inexpliqué, c’est la notion du décompte chez la RATP, qui est bien particulière.
Mise en situation : j’attend à Nanterre-U, mon RER doit arriver de
Paris à xh15’, et il est 10’. J’attend dans les hauteurs de la gare, je
ne descendrai sur le quai glacé par le vent qu’à 13’-14’.
A 13’-14’, je descend donc sur le quai, mon RER toujours affiché à 15’.
A 15’, ne voyant pas mon RER arriver, je me dirige vers un panneau pour
voir ce qu’il fout, et surtout pour tenter un réchauffage de mes pieds
congelés.
Le panneaux indique maintenant 17’, putain !
Bon, 2 minutes d’attente, aller…
2 minutes plus tard, toujours pas de RER, je retourne au panneau : 21’ ! Mais merdeuuuu !
A 21’, rebelotte, RER annoncé maintenant à 23’ ! CONNARDS !
A 23’, idem, le train est encore décalé, à 25’ cette fois-ci.
Je redoute la 25ème minute, je redoute, je redoute, je re… Ah ! Le voilà enfin !
Et voilà comment la RATP te baise de 10 minutes l’air de rien !
Demander peu pour obtenir plus, ça porte un nom en psycho : la technique du pied dans la porte. (ou comment on nous vend un premier numéro de DVD de “Chasse et Pêche” à 1€ pour se retrouver avec le dernier à 15 € !). La RATP aurait-elle investie l’argent servant à la réparation des installations dans un cabinet de conseil dans le but de nous faire avaler des couleuvres ? C’est à se demander aux vues des pannes constantes cette année...
20 février 2008
Aha !
Comme quoi, il n'y a pas de hasard dans la vie : l'autre jour, je parlais de ce sujet avec une amie, et à ma question "pourquoi les élèves de CM2 spécifiquement ?" elle m'apporta la réponse qu'en CM2, on parle de la seconde guerre mondiale et du génocide qui y est lié. Ce dont je ne me souvenais absolument pas ! Du coup, comme on partait à la BU, nous en avons profité pour chercher les programmes scolaires dans le rayon des sciences de l'éducation.
Et là, je tombe sur "REUSSIR L'EPREUVE ECRITE D'HISTOIRE ET DE GEOGRAPHIE AU CONCOURS DE PROFESSEUR DES ECOLES - Nouvelle épreuve obligatoire majeure et mineure" de Françis Simonis et Olivier Roux, Editions Seli Arslan, 2005.
Vous allez me dire "Oui, et alors ?" Et bien il se trouve que j'ai ouvert le bouquin et je suis tombée pile sur la page 34 où on peut lire ceci :
" IL N'Y A PAS DE DEVOIR DE MEMOIRE
Charger les enseignants d'un devoir de mémoire n'a aucun sens. Si devoir il y a, c'est un devoir d'histoire qui s'impose à l'école. Il est certes légitime que les groupes ayant été en prise avec une histoire tragique en perpétuent la mémoire, mais il n'appartient pas à l'Education Nationale de s'en faire le relais. Face aux multiples injonctions à se souvenir qui émanent de la société, l'école doit opposer une ferme volonté de construire un savoir raisonné : l'histoire. Il y a un droit à la mémoire, et les mémoires sont respectables. Mais elles relèvent de l'affectif, du sentimental, du personnel. On n'écrit pas l'histoire avec des sentiments, fussent-ils bons. Le risque est grand d'une instrumentalisation de l'histoire par les porteurs de mémoire qui se font parfois les militants de la diffusion du devoir de mémoire.
Comment l'école choisirait-elle entre les mémoires antagonistes qui s'affrontent sur l'interprétation du passé national ? [...] Les défenseurs des mémoires antagonistes attendent des historiens un appui pour servir de caution scientifique à leurs revendications [...] Faire de l'histoire, avec rigueur, avec méthode, tout en laissant les acteurs ou les témoins du passé et leurs associations accomplir la tâche qui est la leur, transmettre une mémoire : n'est-ce pas là un projet suffisament ambitieux pour un professeur des écoles ?"
C'est plutôt incroyable ce genre de hasard non ? Je savais que dans la monde de l'éducation, l'intuition (puisque c'est comme ça que le ministre de l'éducation aime à appeler "l'idée" de Sarko sur le devoir de mémoire au CM2, ce qui veut tout dire quant au côté plus qu'impulsif de cette proposition) de Mr Omniprésence ne plaisait pas nécessairement et était acceuillie de manière plutôt mitigée. Mais de là à voir, dans un manuel pour futur instit, un texte disant exactement le contraire que ce que veut promulguer le Président et son gouvernement, ça en deviendrait presque de l'anticipation ! Remarquez tout de même, que maintenant, le gouvernement prend la peine de consulter des gens compétents en la matière pour savoir comment mettre ça en place pour la rentrée de 2008.
Ce qui nous amène à mon dernier point : le fait que ces derniers temps, j'ai la vague impression qu'on nous balance une intuition, puis les gens gueulent (forcément, c'est pas réfléchit) puis on travaille dessus pour que là, ce soit quelque chose de construit. J'avoue être déçue de constater la systématicité de cette manière de gouverner, ainsi que le trop plein d'impulsivité de notre Président, fonction qui implique qu'on se doit d'être avant tout réfléchit. Disons que c'est la porte ouverte à l'imprévisibilité tout ça...
Et puisqu'on en est aux "J'avais raison !" et autres assimilés, il semblerait que j'ai eu raison pour ceci. Ce qui bien sûr, ne me réjouit pas, bien que ma mère avance dans le temps d'acceptation (plus les problèmes arrivent, et plus il se réduit), qui se traduit par le déni chez elle.
Et enfin, pour finir sur une touche un peu plus légère, je propose une idée (pas impulsive) pour agrémenter un peu mes posts : à vous de me proposer trois mots (je retiendrais les trois premiers), un par personne, que je devrais tenter de caser dans mon prochain post. Si je n'y arrive vraiment pas, je me propose dans ce cas de me plier à un gage. Pour éviter de perdre du temps, je demanderais à ceux qui me proposerons leur mot de m'indiquer leur gage au passage, comme ça, je pourrais le faire directement au prochain post.
Les mots doivent impérativement exister (ouai ouai, je vous voyais venir !). Pour l'instant, je laisse indifférement le choix entre nom propre ou nom commun, sachant que les marques sont utilisable aussi. Toutefois, seules les marques bénéficient de l'usage d'une autre langue que le français, si vous le souhaitez. Le contenu du gage doit pourvoir être réalisable et postable à travers le blog, on oublie donc "Aller courrir nue sur les Champs !" et autres trucs illégaux que je ne pourrais pas poster sur le net.
Aller, c'est parti ! Soyez pas trop vache pour le début hein ;)
15 février 2008
Comme dirait l'autre...
... On pensait qu'il avait touché le fond, mais là, il cherche carrément du pétrole !
Dernière déclaration en date, cette fois-ci bien réelle (pas comme la suspicion d'un éventuel changement de logement) de Sarko, celle sur la shoah.
Sarko souhaiterait ainsi que tous les élèves de CM2 se voient confier un nom d'un enfant juif déporté et exterminé. Cette louable intention le serait réellement si, ces derniers temps, Mr Omniprésence n'avait pas chuté monumentalement dans les sondages et s'il souhaiterait un travail de mémoire, pas une commémoration culpabilisatrice et morbide.
Cette déclaration, faite pendant le dîner du CRIF, a visiblement étonné plus d'un, à commencer par les dirigeants du CRIF eux-même, qui n'ont, semble-t-il, pas été consultés au préalable.
Au delà des arguments relevés sur le net dont je vais parler plus bas, il faudra qu'on m'explique pourquoi les enfants de CM2 ? Il me semble que le programme scolaire n'aborde la seconde guerre mondiale qu'au collège, et que le point culminant est même en 3ème. Le problème de ce genre de décision, c'est exactement le même que pour la lettre de Guy Mocquet : on fait faire quelque chose à un enfant en dehors de toute explications historiques, on sort le travail de mémoire de son contexte historique. A la place d'un effet symbolique, on obtient un acte morbide au possible.
Sur le net, circule ce type d'arguments : un travail de mémoire, ça ne se veut pas exclusif. Il n'y a pas eu que des enfants morts, il y a eu aussi leurs parents et leurs grand-parents. Ca ne veut rien dire que de commémorer les enfants, mais pas tous les autres ! De plus, même si les juifs étaient visés à la base par les nazis, la politique d'extermination s'est étendue à tout ce qui ne constituait pas la "race aryenne", à savoir les handicapés, les homosexuels, les tziganes, les esperantophones, etc. Et par extension, comme dans toute dictature : les opposants politiques, les prisonniers de guerre, les résistants, etc. Alors, à leurs descendants à eux, ont leur dit quoi ? Que la repentance ne les conscerne pas ?
De plus, si ce travail de mémoire se veut symbolique pour humaniser nos chères têtes blondes, pourquoi ne pas leur donner le nom d'une personne victime d'un autre génocide où la France serait impliquée, comme le génocide Rwandais par exemple ? Ou pourquoi le travail de mémoire se limiterai aux génocides, pourquoi pas aller plus loin en prennant les victimes de la guerre "par intérêt" comme ce fût le cas dans les colonies, voir même encore plus loin, dans l'esclavage ? Après tout, pourquoi certains auraient le droit à une repentance et pas d'autres ? Voilà ce qui circulait sur le net et qui, selon moi, démontre bien l'incohérence de cette mesure "fast food" (vite servie, pas bonne, qui coûte pas chère, et surtout, difficile à digérer)
La repentance, parlons-en tiens ! Mr Omniprésence, qui avait déclaré en campagne éléctorale pour les présidentielles, qu'il n'y aurait pas de repentance, nous ressort justement l'argumentaire inverse, assez démagogue et sentimentaliste dans son genre, pour contrer sa chute dans les sondages. C'est vrai que depuis plusieurs mois on ne parle que du travail de mémoire.... En revanche, le pouvoir d'achat et autres considérations, ça vient de sortir, alors laissons lui de temps de plancher dessus.
Mais le pire de tout, c'est lorsqu'on se ballade sur les divers commentaires, et qu'on lit, lorsqu'on affirme e genre de choses, qu'on est antisémite ! Alors là, elle est bien bonne bonne celle-là ! C'est comme si je traitais d'homophobe tous les gens qui ne commémoreraient pas l'extermination des homosexuels ! Ce genre de syllogisme est très dangereux. C'est ce que le sociologue François Dubet décrit dans son livre "Ces quartiers dont on parle" : lorsqu'on assigne une identité à un groupe social, qu'on le caractèrise, on l'homogénéise. Et quand on assigne une identité à un groupe, on pousse celui-ci à se comporter comme la-dite identité, il y a une conformation, du groupe social caracterisé, à un "effet d'attente" de celui qui homogénéise. Bon, ça reste quand même de la sociologie fictive concernant cette mesure, enfin j'espère.
Au delà de ça, cette repentance risque de cliver encore plus des communautés qui, d'une, ne demandais rien (le CRIF n'a aucunement exigé ce genre de mesure), de deux, peinent à co-exister ensemble du fait de plusieurs conflits internationaux existants (conflit Israëlo-Palestinien, qui créer des sensibilités les uns envers les autres). Parce que, expliquer à un CM2 musulman qui ne connait pas forcément grand chose de la seconde guerre, qu'il doit retenir le nom d'un enfant juif pour qu'il fasse un travail de mémoire, ça me parait un peu surréaliste. Parce que sous le couvert d'un travail de mémoire, on glisse vers un travail à deux poids deux mesures qui ne bénéficie qu'aux mêmes communautés, excluant ainsi les autres...
Cette décision "fast food" est vraiment absurde. D'une, le travail de mémoire existe, de deux, s'il faut l'accentuer, ce n'est sûrement pas dans la morbidité et la culpabilisation, mais au contraire, dans la pédagogie. Je sais pas moi, envoyer plus de classe visiter Auchwitz, Buchenwald et les autres, pour que le travail de mémoire soit plus juste, développer les visites dans les divers musées/lieux de commémoration, ou encore mettre l'accent sur les intervenants. Par exemple, quand j'étais en troisième, il y avait eu un prisonnier de camps qui était venu nous parler en classe. Il nous avait apporté les affaires qu'il portait là-bas. Il nous racontait son vie durant ses années d'emprisonnement jusqu'à son évasion, et on lui posait les questions qui nous trottaient dans la tête. Cette intéraction avec quelqu'un qui à vécu les camps de concentration est un travail de mémoire bien plus fort que tous les films et autres cours que j'ai pu avoir sur le sujet ! Bien sûr, on ne pourra pas faire intervenir longtemps des gens qui ont vécu ça, mais la travail de mémoire, ça se transmet. Cependant, la culpabilisation de masse d'enfant de CM2, ça non !
Toujours est-il que je doute que cette mesure soit suivie parmi les profs, tout comme la lettre de Guy Môquet qui est totalement hors contexte et inapropriée. Cependant, si jamais ce doit être le cas (dans ce cas, je maudirais les parlementaires pour voter des lois aussi inutiles pendant que d'autres, bien plus urgentes, attendent encore) et que j'ai un enfant, je peux vous assurer qu'il sera dispensé de faire obédiance à cette mesure de Sarko 1er. Je n'aurais sûrement pas besoin de lui et de ses mesures pour raconter à mon enfant ce pan de l'histoire, ni pour lui raconter ma rencontre avec ce monsieur qui a vécu la tragédie des camps, ni pour lui raconter l'histoire de sa famille et de ses arrières-arrières grands parents qui ont résisté pendant la seconde guerre et pourquoi ils ont résisté. Non, je n'ai pas besoin de Sarko pour savoir comment penser, et encore moins, ce que je dois penser.
Ce qui est significatif aussi, c'est que bon nombre de gens ayant voté pour lui tiennent ce même discours, et bon nombre de politique de son parti. C'est dire : aux municipales, la plupart ne mettent même pas le logo UMP sur leurs affiches de campagnes, tellement l'UMP perd de son crédit grâce à lui. Si ça continue, on va finir par n'avoir qu'un parti politique en France : les gens qui sont opposés Sarko.




