24 juin 2009
Le merchandising imparable d’Ikéa.
Ce n’est plus à démontrer, Ikéa, il faut y aller sans sa carte bleue. Juste regarder, ne rien acheter (non, parce que Ikéa c’est tellement bien, que tu voles pas chez eux, sous peine de se voir crier “infamie !”).
Vous lancez le sujet dans n’importe quelle soirée : à moins de tomber sur le conservateur de base qui prône le rustique et l’authentique, tout le monde vous dira qu’il s’est fait “détrousser” par Ikéa au moins plusieurs fois dans sa vie !
Là où je m’en veux (oui parce que je suis comme tout le monde, et que moi aussi j’ai pleins de bougies qui sentent bon en stock énorme dans mon placard) c’est qu’étant en psychologie, j’aurai du comprendre le système simple (mais tellement efficace bordel !) d’Ikéa !
Je ne l’ai compris qu’hier soir, à une soirée. On discutait de ce magasin, en se disant que c’est bien de regarder, mais qu’en fait, il ne faudrait pas passer par le sous-sol, où les articles qui décoraient si bien la chambre de Ruth et Björg sont en libre service (car toi aussi tu peux jouer à Ruth et Björg avec Ikéa !).
Je commence alors à dire que quand tu visite les salles d’expos, tu vois tellement de choses, que tu as le temps d’oublier (surtout si tu notes rien - oui, on tente tout pour ne pas être à découvert -) ce qui te plaisait, et c’est qu’une fois que tu passe dans le rayon en libre service que tout te reviens en mémoire ! “Mais oui, bien sûr !!! Mais pourquoi je n’y ai pas pensé plus tôt bon sang !!!! L’a-mor-ça-ge !!!! C’était con comme bonjour !!! Ah, ils sont forts chez Ikéa !”
L’amor- quoi ? L’amorçage. Une technique de psycho vieille comme le monde. Cela consiste grossièrement à mettre dans votre mémoire une pré-réponse. Votre cerveau capte énormément de stimuli (visuel, auditif, etc.). Il en retient certains de manière inconsciente, mais pour qu’ils soient retenus de manière consciente, il faut que vous portiez votre attention dessus. Une fois que c’est fait, une trace de ce stimulus reste en mémoire, ce qui fait qu’elle est plus facilement activable par la suite.
Petit exemple concret chez Ikéa :
Vous vous promenez dans la salle d’exposition, et vous tombez en amour sur les petites tasses Sorla. Vous les regardez sous toutes les coutures, lisez le nom, mais uniquement par curiosité hein, parce que vous n'achèterez pas, vous n’avez pas de budget, même pour une petite tasse. D’ailleurs, vous êtes venu à Ikéa juste histoire de vous détendre, penser à des projets futurs, mais rien de concret.
=> Là, ça y est, vous êtes foutu ! Votre cerveau va conserver comme une sorte de fichier, contenant la couleur de la tasse, son nom, sa forme et l’émotion que vous avez ressenti lorsque vous l’avez vu. Il se peut même que ce fichier contienne aussi le contexte émotionnel de ce moment là (la pièce d’expo qui vous mettait à l’aise, que vous aimeriez bien vivre dans une maison comme ça, etc..). On appelle ça un renforcement : à l’objet s’associe tout un tas d’émotions positives, ce qui fait que ça renforcera l’envie d’avoir ces tasses.
Bon, rien n’est encore joué, vous n’êtes pas encore passé dans le rayon libre-service. Mais on sait tous que c’est un passage quasi-obligatoire ! Allons, soyez honnêtes : combien de fois vous vous êtes dit que vous alliez sortir directement après la salle d’expo, et combien de fois vous vous êtes dit que justement, ça tombe bien, votre spatule étant cassée, vous alliez en profiter pour aller en chercher une dans le libre service ?
Il faut vraiment être fiché à la Banque de France pour avoir la force de se dire que non, on ne descendra pas dans ce foutu rayon qui troue le porte-monnaie !
Et voilà, vous y êtes descendu, c’est foutu…. Ben oui, parce que même si vous ne pensez plus aux tasses, il suffit que vous passiez furtivement devant pour que toute la trace mnésique (le fichier dont on parlait plus haut) soit réactivé !! Ce qui veut dire que votre cerveau va vous rappeler à quel point vous étiez bien là-haut, que ces tasses étaient exactement parfaites avec ce décor, etc.
Ainsi, si dans la salle d’exposition, vous n’avez pas flashé sur les torchons, il y a peu de chance pour que vous vous arrêtiez devant dans le libre service, ils n’auront pas été amorcés dans votre mémoire. (Bon, Ikéa compte aussi sur le syndrome “coup de coeur”, qui fait que vous allez quand même craquer dessus parce qu’ils sont top).
L’amorçage est un processus cognitif beaucoup démontré en psychologie :
On demande à des sujets de répondre le plus vite à des questions.
Au groupe A, on va montrer une image subliminale censée servir d’amorce avant la question (Une image de bateau, avant de poser la question "Citez un moyen de transport maritime")
Au groupe B, on ne montre rien, ils n’auront pas d’amorce, mais juste la question.
Et bien les sujets du groupe A répondent beaucoup plus vite à la question que ceux du groupe B car la réponse aura été amorcée dans le cerveau, pré-activée si vous préférez.
Voilà pourquoi Ikéa met toutes les chances de son côté et qu’il ne faut y aller que lorsque vous avez un budget à dépenser, prévu pour ça uniquement (et pas l’argent de l’anniversaire de la cousine). Et non, Ikéa, on n’y va pas juste pour manger leurs-sandwichs-trop-bon-qu’on-trouve-que-là-bas, parce que là aussi vous prenez le risque de rentrer faire le tour du magasin !
16 février 2009
Tain la blonde quoi !
Oh oui, celui-là, combien de fois l’ai-je entendu et dit moi-même !
Je dit “celui-là” car il s’agit d’un stéréotype. Oui, exactement, celui de la blonde bien foutue, mais pas du cerveau (dame nature est parfois cruelle hein !).
Pourquoi je vous parle de ça ? Parce que je me fais chier chez moi, mes cours n’ayant toujours pas repris (et vu l’état actuel des choses, c’est parti pour 15 jours), et que ça faisait longtemps que je nous avait pas fait une petite vulgarisation de psycho !
On disait donc le stéréotype...Oui, et bien figurez-vous que tout le monde en fait, et plusieurs fois par jours. Car à moins de se taper en boucle du Derrick (paix à son âme) comme un légume, vous pensez plusieurs fois par jours (si si, je veux croire en vos capacités !) et qui dit pensée, dit stéréotype.
C’est tout con, vous allez voir :
Pour percevoir le monde et le garder en mémoire, nous sommes obligés de créer des catégories. Et dans ces catégories, des sous-catégories plus précises, etc...
Chaque catégories possède une sorte de définition, des critères qui la distingue.
Exemple : la catégorie des animaux : tout ce qui n’est pas doué de la parole et du rire (n’est-il pas la propre de l’homme après tout ?), mais parfois, certains Homo Sapiens Sapiens peuvent en faire partie (là, on touche au côté symbolique de la catégorie)
Enfin bref, comme notre corps capte une multitude de choses, mais que notre cerveau est une feignasse, il fait un traitement superficiel de son environnement. Ce qui se traduit forcément par une construction elle-même superficielle des dites catégories.
Exemple again : vous vous baladez dans une prairie. Vous regardez l’herbe. Votre cerveau va catégoriser l’herbe comme un élément unique ("herbe, point barre !"), et non pas comme une somme d’élément ayant chacun un trait particulier : un brin d’herbe vert et grand + un brin d’herbe vert et petit, etc… Vous en conviendrez, si notre cerveau faisait ça, pour le coup, c’est nous qui ressemblerions à Derrick (paix à son âme). Il est donc obligé de rester vague et général.
Aaaah, “général”, ça y est, le mot est lâché ! Ben oui, parce qu’un stéréotype, qu’est-ce donc au fond ? Et bien une généralité, oui oui, tout à fait !
Admettons, vous avez rencontré une personne, c’est une femme, blonde, d’un milieu social bourgeois et courtière en bourse (je vous laisse imaginez la pensée que ce métier, pratiqué par une femme, m’évoque). Elle est très drôle, elle vous dit que son métier est fatiguant et stressant, mais qu’elle gagne bien sa vie.
Vous avez donc créé des catégories sur des critères comme son genre, son appartenance sociale, son métier, sa couleur de cheveux, etc.
Mais le problème, c’est qu’il n’y a qu’une personne dans ces catégorie pour l’instant, cette femme. C’est pas grave, vous définissez quand même, car ça va vous aider à retenir les informations pertinentes qu’elle vous a fournit : les blondes sont drôles ; les gens du milieu de la finance sont stressés ; les bourgeois gagnent bien leur vie grâce à des métiers peu accessibles (pas plombier par exemple).
Et bien que va-t-il se passer la prochaine fois qu’on va vous présenter une autre femme blonde ? Tout simplement, vous aller ressortir les informations de ces catégories et vous en servir comme base, car c’est plus rapide pour notre cerveau, et ça lui procure un confort (que d’être dans l’inconnu en attendant l’information nouvelle, est inconfortable pour lui): c’est faire là un stéréotype, ou bien une généralité (considérer que les femmes blondes sont toutes drôles, etc.)
Mais en soi, ça n’est pas grave ce genre de choses (de toute manière, vous n’avez pas le choix, ça se fait à votre insu la plupart du temps) puisque lorsque vous rencontrez d’autres personnes censées appartenir à ces catégories, mais avec des définitions autres, vous affinez, vous créez des sous-catégories.
Là où ça devient grave, c’est lorsqu’en ayant affiné, vous persistez de croire qu’il ne s’agit là que d’exceptions : on tombe alors dans les extrêmes que peuvent entraîner la généralisation systématique. On peut alors en venir à avoir des préjugés (juger négativement une personne juste parce qu’elle appartient à une catégorie) et faire de la discrimination (mettre en application le préjugé, donc exclure la personne du fait de son appartenance à cette catégorie).
A noter toutefois qu’il y a des stéréotypes sur ce qui vient d’être dit :
- On peut tout à fait discriminer sans avoir de préjugés (si votre employeur vous force à ne recruter que des jeunes, vous discriminerez les vieux, sans pour autant adhérer au préjugé sur les vieux)
- On peut avoir des stéréotypes positifs (ou neutre) : les Suédois sont tous blonds aux yeux bleus.
Donc la prochaine personne qui vous dit “Meuuh non ! Moi je n’ai surtout pas de stéréotypes !” vous pourrez lui répondre assurément que c’est un menteur, et de surcroît, un hypocrite.
* Laeti ou comment briller dans vos dîner avec des conversations qui tuent*
19 août 2008
Vie De Merde
Bien que ma vie ne soit pas au top en ce moment (pas vu ma chérie depuis un moment, fracture/opération/plâtre de la jambe) il ne s’agit pas de la mienne dans le titre. Non, c’est un site, viedemerde.com, dans lequel les gens racontent leurs mésaventures, en concluant systématiquement leur petit récit par VDM (Vie De Merde).
J’ai pour adage de ne pas me moquer du malheur des autres, mais avec un tel site, mon côté salope ressort indéniablement, m’arrachant des crises de fou rires pour certains récits. En général, un bon rire moqueur, celui qui remonte le moral car on se dit à ce moment qu'il y a pire que nous.
Petits morceaux choisis :
Catégorie “mariage”
"Aujourd'hui, je m'appelle Céline et je me marie. Mon nouveau nom de famille sera Dion. En vue, une bonne grosse VDM. VDM"
"Aujourd'hui, je me suis mariée. Et hier, pour fêter ça, je suis allée dans un bar à sushi avec quelques amies. Dîner pas trop arrosé pour être en forme pour LE grand jour... J'ai prononcé "oui, je le veux" un sac à vomi à la main. Intoxication alimentaire suite à l'ingestion de poisson pas frais. VDM"
Catégorie “Gros boulets”
"Aujourd'hui je rentre dans le tramway avec mes courses. Dans la foulée, j'ai oublié un sac sur le quai. Instinctivement je ressors pour le prendre, et le tramway se referme et démarre. Je vois à l'intérieur mes trois sacs et les gens rigoler. Résultat des courses : pas de courses. VDM"
"Aujourd'hui, un frelon est rentré dans ma chambre. Ça fait 30 minutes que suis enfermé dans mon placard, il n'arrête pas de bourdonner toutes les 30 secondes. Je n'ose pas sortir. VDM"
"Aujourd'hui, je me fais un bain de bouche en déambulant dans mon appartement. En passant devant l'ordinateur, je vois un poil sur le clavier. Réflexe, je souffle dessus. Mon clavier a la meilleure hygiène bucco-dentaire de l'histoire de l'informatique. VDM"
"Aujourd'hui, je vois un ami dans la rue. Lui ne me voit pas et, pour plaisanter, je lui téléphone. Il sort son mobile de sa poche, soupire et ne répond pas. VDM"
Catégorie “Travail”
"Aujourd'hui, au bureau, un collègue sort son plat de lasagnes du micro-ondes et fait tomber l'assiette trop chaude. Celle-ci atterrit dans le ventilateur qui disperse son contenu sur ma collègue et moi-même. Ce gros naze n'a rien trouvé de mieux que de rire bêtement. VDM"
"Aujourd'hui, j'ai passé un test écrit pour un entretien d'embauche. Mon stylo étant en panne d'encre, je me faufile dans le couloir, croise un employé et lui demande de me prêter un stylo pour remplir mon test. Je dois être le seul gars à avoir fait son test entièrement à l'encre rose. VDM"
Catégorie “Sexe”
"Aujourd'hui, je faisais l'amour avec mon copain. Quand nous avons changé de position, il a crié "Transformation Power Rangers !" VDM"
"Aujourd'hui, juste avant de commencer notre câlin, mon copain qui est informaticien a cru drôle de s'écrier "Ouvre tes ports USB, voici mon périphérique !" VDM"
"Aujourd'hui, ma copine m'a largué parce qu'elle a envoyé "fidèle" par SMS à un numéro payant et qu'ils ont répondu "non"... VDM"
Catégorie “Pas de chance...”
"Aujourd'hui, je tombe en panne, sors de la voiture pour mettre le triangle rouge à 100 m puis je reviens me mettre à l'abri, en attendant les secours. Je vois arriver une bagnole, elle s'arrête à 100 m de moi, le gars sort, prend mon triangle et redémarre. VDM"
"Aujourd'hui, ma sœur et moi avons nos règles. Notre frère a trouvé drôle d'utiliser nos serviettes comme bateaux et les tampons comme bouées pour jouer dans la baignoire. Tout étant fermé (dimanche), on a dû piquer à notre grand-mère, qui vit avec nous, des couches anti-fuites urinaires. VDM"
"Aujourd'hui, j'écris à mon amie sur msn, et c'est sa colocataire sur son compte qui me répond "dsl c'est pas marie elle est chez son copain". J'ai bien cherché elle n'est pas chez moi. VDM."
"Aujourd'hui, le chat de ma coloc', qui visiblement ne m'apprécie guère, n'a rien trouvé de me mieux à faire que de ronger une à une, et très consciencieusement, toutes les cordes de ma guitare sèche. Là, il me regarde pour savoir si je vais lui donner à bouffer ce matin. Très franchement, j'hésite. VDM"
"Aujourd'hui, je ne sais plus bouger mon cou : torticolis carabiné. Mes colocataires passent leur temps à m'appeler pour que je me retourne. Ça les fait hurler de rire de me voir tourner tout le corps en grimaçant alors qu'un simple mouvement de tête aurait suffi. J'ai mal. VDM"
Vous avouerez quand même que c’est dur de ne pas en rire au moins un peu !
24 juin 2008
La Mémoire
La mémoire, une chose dont on se sert quotidiennement, mais dont le fonctionnement n'est pas forcément clair pour tout le monde. Pourquoi sommes nous capables de retenir un numéro de téléphone sur le moment et incapable de s'en souvenir un mois après, par exemple, alors que nous allons nous souvenir de détails de notre vie aussi insignifiants qu'un numéro de téléphone ?
Je vais tenter de vous expliquer, de manière vulgarisée et très simpliste (parce qu'en un post, j'aurai du mal à vous expliquer de manière très précise quelque chose qui m'a déjà été résumé pendant 12 semaines), le fonctionnement de cet outil très important dans notre vie.
Tout d'abord, on distingue trois gros "systèmes" :
Mémoires sensorielles => mémoire de travail <=> mémoire à long terme
1) Les mémoires SENSORIELLES : auditives (échoïque) et visuelles (inconique), qui permettent de capter l'information pour quelle soit traitée par la suite. Par exemple, lorsque vous entendez quelqu'un parler, cette mémoire vous indique qu'il s'agit de quelqu'un qui parle. Elle est très rapide (1 seconde) et inconsciente.
2) La mémoire de TRAVAIL : ou encore mémoire à court terme, ou mémoire immédiate. C'est le terme de mémoire de travail qui est retenu ces derniers temps par les chercheurs, car il s'agit, comme son nom l'indique, d'une mémoire dynamique, qui travaille. Je m'explique : quand vous retenez un numéro de téléphone, il n'y a rarement que cette information qui vous parvient au cerveau. Il y a des sons autour de vous, des choses à voir. Cette mémoire permet justement de faire le tri entre ce que vous percevez inconsciemment par les mémoires sensorielles, et de le discriminer car ce n'est pas pertinent. Pas pertinent, car consciemment, vous tentez de retenir un numéro de téléphone, donc de savoir qu'il y a un oiseau qui chante à votre fenêtre ne vous importe pas.
C'est aussi une mémoire dynamique du fait qu'elle intéragie avec la mémoire à long terme. La mémoire de travail n'a qu'une durée brève de 15 secondes (sans répétitions, on le verra plus loin)
Autre fait intéressant : elle a une capacité de rétention de l'information limitée à un certains nombres d'"item". Or en regroupant ces items, on en retient plus que un par un. Petit exemple très facile à comprendre : dans un numéro de téléphone, un item = un chiffre. Il est difficile de retenir 0.1.7.2.3.8.9.9.4.5. Qu'en les regroupant, cela devient plus facile de retenir 01.72.38.99.45. Bien évidemment, cette capacité de regroupement est elle-même limitée, le meilleur étant deux par deux ;)
3) La mémoire à LONG TERME : c'est, vulgairement, la mémoire à laquelle tout le monde fait référence. C'est celle où l'information est stockée pour une durée plus longue que 15 secondes, et de manière générale, de manière illimitée (sauf pour les cas pathologiques, comme Alzheimer, qui va atteindre, à long terme, tousles sous-système qui vont suivre)
Voici donc les trois gros systèmes de la mémoire. Maintenant, pour la mémoire à long terme, il existe des sous-systèmes :
1) la mémoire SEMANTIQUE : qui permet de stocker toutes les connaissances scolaires, éducatives, de langage et autre. Tout ce qui est apprit en somme.
2) La mémoire EPISODIQUE : qui permet de stocker les informations relative à sa vie, notamment un évenement et son contexte (par exemple : à la question "Que faisiez-vous le jour du 11 septembre 2201 au moment où vous avez appris la nouvelle du crash des avions ?" vous allez rechercher la réponse dans cette mémoire).
Elle comporte aussi la mémoire BIBLIOGRAPHIQUE ou AUTO-BIOGRAPHIQUE. C'est la mémoire qui stocke les informations nous concernant. La mémoire épisodique va chercher l'information brute dans cette mémoire. La théorie, mais c'est encore mal connu comme fonctionnement, est que chez Alzheimer, c'est la mémoire épisodique qui ne fonctionnerai plus. Ainsi, les personnes atteintes ont toujours des souvenirs les concernant, mais ils sont incapables de les ramener "en surface".
3) La mémoire PROCEDURALE : qui stocke tous les procédure motrices, et en fait des automatismes, comme par exemple marcher (car la fonction de la marche est bien apprise et pas acquise, on l'oublierai presque ^^) faire ses lacets, etc.
Pour vous prendre un exemple : vous apprenez à faire vos lacets (ça, tout le monde s'en souviens : "...alors la souris faire le tour du serpent, lui passe en dessous, et TA-DAM ! Tes lacets sont faits !" Ah bon...?).
1) Votre mémoire sensorielle repère l'information pertinente à traiter : la vision du geste à faire, et l'audition de ce qui se dit. Le reste, le gamin qui crie à côté, le ballon qui rentre dans les cages, ou bidulchouette qui vient de gagner une super bille, on s'en cogne (oui, parce que je prend comme exemple la cour de l'école, c'est le plus fréquent)
2) Votre mémoire de travail intègre la succession de geste. Comme je vous le disais plus haut, s'il n'y a pas de répétition, l'attention ne va pas durer bien longtemps. Donc sans s'en rendre compte, on pratique tous la répétition mentale : on se répète inlassablement la succession des gestes pour que ça reste présent dans notre petite tête. (c'est ce qu'on fait quand on retient un numéro de téléphone : on le répète sans cesse pour ne pas l'oublier. Autrement, 15 seconde plus tard, pfiout ! Plus rien !)
3) Votre mémoire de travail, envois l'apprentissage "faire ses lacets" à votre mémoire sémantique. Car pour l'instant, il ne s'agit que d'un apprentissage verbal (Se dire "Je passe la boucle en dessous de l'autre, etc.") et visuel (la visualisation du geste en lui-même), mais pas coordonné ensemble.
4) Vous faites appel à cette mémoire sémantique lorsque vous voulez faire vos lacets, mais ça n'est pas encore automatique et au contraire, c'est laborieux (hein, on s'en souviens des lacets à refaire toutes les 15 secondes, et finalement, qu'on laisse trainer par terre par ce que ça nous gonfle ^^)
5) Progressivement, le geste s'automatise et passe en mémoire procédurale : vous n'avez plus besoin de penser à des moyens mnémotechniques (le coup de la souris et du serpent, ou un truc de ce genre, que je n'ai jamai retenu pour ma part) ou autre pour savoir comment faire vos lacets. L'action devient implicite (inconsciente) ce qui vous permet de penser à autre chose.
Dernière petite chose : la mémoire à court terme est la mémoire attentionnelle. Ainsi, chez les personnes âgées, de manière prépondérente, mais aussi chez les plus autres de manière occasionnelle, c'est cette mémoire qui fait défaut pour faire fonctionner les autres : il y a un manque d'attention, un manque de pertinence dans les informations. C'est pour cela qu'une personne âgée sera à même de vous raconter son enfance dan le moindre détail, mais moins capable de retenir que vous venez de lui raconter votre premier bécotage ;)
Ainsi, Dorie dans le monde de Némo, a des problème de mémoire de travail. C'est pour cela, qu'en faisant de la répétition mentale, en répétant constamment "P. Sherman, 42 Wallaby West, Sydney" elle fait passer cette info en mémoire à long terme et la stocke indéfiniment pour pouvoir s'en resservir par la suite ;)
C'est un sujet que je trouve très intéressant parce qu'il nous concerne diretement, et je voulais vous le faire partager, pour que vous comprenniez comment tout ceci fonctionne (si ce n'était pas le cas). Maintenant, il se peut aussi que vous n'ayez pas été intéressé du tout, auquel cas je m'en excuse et j'essayerais de faire des posts sur des sujets un peu plus "léger" pour contre-balancer ;)
19 avril 2008
Deubeul...
...ou "double" en français.
Double, parce que ce week-end, c'est un peu la fête aux copains imaginaires ("double" car deux références en tout dans le week-end, et puis "double" parce que les amis imaginaire, ça existe sans exister, donc double existence - "Wouuuuuh ! 'Tention ! C'est du sens profond là !"). Attention, je ne parle pas des amis que tu inventes pour ne pas passer pour un sans amis auprès de tes collègues. Je ne parles donc pas des gens qui sont dans ton répertoire du téléphone, mais qui sont en fait les numéros du dentiste, du médecin ou encore de la gynéco (pour les mecs, le procto) et que tu fait semblant d'appeler en pause quand tes collègues sont avec toi :
- Ouai salut Michel ! C'est Gérard Bouchard !
- Euh bonjour monsieur...
- C'était pour savoir si on se voyait toujours samedi soir ??
- Euh samedi soir, le docteur M. ne reçoit personne, en revanche, dans l'après-midi, il y aurai un RDV à 14h si vous voulez...
- 14h finalement ? Ouai ben ça me va aussi, on pourra quand même se bourrer la gueule mon salaud ! Aller, à Samedi hein !
Et d'ajouter un petit commentaire, qui en dit long sur vous, à vos collègues : "c'était mon pote Michel. On se voit ce week-end, on va se bourrer grave la gueule !" Parce que tes collègues qui étaient à deux mètres de toi ne t'ont sûrement pas entendu quand tu faisais exprès de gueuler fort que tu avais une soirée. Donc pour t'assurer qu'ils seront bien au courant que tu as une vie sociale, tu vas leur répéter le descriptif, le tout étant sans intérêt pour eux, autrement, tu n'aurais pas besoin de faire ça (ça va ? Vous suivez toujours ?)
Enfin bref, je ne parlais pas de ce genre d'ami imaginaire. Non, moi je parlais du vrai, celui que tu as quand t'es petit en général (ou plus grand, comme Donnie Darko, mais dans ce cas, le pote imaginaire est adapté à ton âge : c'est un mec déguisé en lapin géant psychopathe qui t'annonce que la fin du monde est prévu pour dans 20h). Celui que personne ne voit sauf toi. Enfin remarque, t'es même pas sûr de le voir toi-même d'ailleurs...
Bref, tout ça m'amène à parler de "Trouble Jeu", le petit film super bisounours qu'on a regardé hier soir avec ma chérie. Tellement bisounours d'ailleurs que ma chose n'en pouvait plus de tant de niaiserie et se cachait sous la couette. C'est donc un thriller psychologique où une gamine a un ami imaginaire qui a une manière de jouer un peu sanglante. Bon alors bien sûr, c'est un film à suspens, donc beaucoup de silence avec une musique qui fais monter le rythme cardiaque, et peu de dialogues. C'est dans un sens dommage, car un beau trio de têtes d'affiche : De Niro, Dakota Fanning et Famke Janssen.
Mais bon, on s'en passe tant le film ne rentre pas dans les clichés, et rien que pour ça, on s'en fout des dialogues. Les clichés des films d'horreur sont tellement ancrés qu'à chaque scènes, on se disait avec ma chérie "Tiens, là il va se passer ça !" Et il ne se passait rien. En fait, on se fait surprendre sur un genre qui ne surprend trop plus, et du coup, ben ça fait un peu plus peur (et ça fait un peu plaisirs aussi, parce que t'as pas l'impression de revoir une énième fois le même film).
Mais en même temps, ça l'étire en longueur... Genre De Niro qui tente pendant trois heures d'ouvrir une fenêtre, qui y arrive enfin (limite tu lui criais de péter la vitre s'il voulait un peu d'air) et passe la tête dehors. Le premier réflexe, c'est de se dire "Tain mais non !! Rentre ta tête, tu vas te faire couper en deux !!!" Et finalement, rien. Pas même un truc bizarre. Rien de rien. Pas d'effet spécial. Effet plutôt téléfilm du dimanche après-midi où tu vois Tobby le chien traverser la route, avec une musique dramatique, et où y a même pas une voiture qui passe pour l'écraser. Ce film rompt avec les classiques du genre. Même pas de méchant qui réssuscite quinze fois alors qu'il s'est d'abord pris 13 coups de couteau au thorax, puis deux balles dans la tête et trois dans le ventre, un coup de hache dans le crâne (la hache étant d'ailleurs restée coincer) et enfin, fini brûlé dans le four crémétoire de la ville. Dans un autre film tu le verrais sortir du four crématoire dans le dernier plan, laissant entendre qu'il est encore bel et bien vivant alors qu'il n'a plus que la peau sur les os, calciné (les muscles ayant fondu et la peau s'étant collée sur les os : ça c'est l'effet spécial de la mort qui tue, parce que ce qui brûle en premier, c'est quand même bien la peau). Non, rien de tout ça dans "Trouble Jeu". Enfin, pas de truc farfelus quoi.
Ce qui est fort d'ailleurs, parce que tu te bases sur tes références en matière de films d'horreurs (ou assimilés) pour anticiper le moindre truc qui pourrait arriver, et donc ne pas avoir une trop grande décharge d'adrénaline d'un coup. Mais au final, à force d'anticiper la moindre chose, t'as quand même une sacrée dose d'adrénaline qui te coule dans le sang, alors qu'il se passe autant de chose que dans le téléfilm sur la vie de Tobby le chien. C'est ça qui est fort : faire peur avec des choses vraiment banales (sauf quand ya le truc horrible qui arrive, qui lui, augmente un peu plus le taux d'adrénaline : en fin de compte, ça servait à rien d'anticiper).
Disons, pour finir, que le concept de Thriller Psychologique (enfin surtout la partie psychologique) prend vraiment tout son sens avec ce film dont l'un des personnages centraux est un ami imaginaire.
Bon mais ça, c'était la première référence de ce week-end aux topains imaginiares. L'autre, elle est venu du spectacle de Tomer Sisley, "Stand Up". Dedans, il y a sans doute la phrase qui m'a fait le plus marrer : "Faire la guerre au nom d'une religion, ça revient à se battre parce qu'on est pas d'accord sur qui a le meilleur copain imaginaire"
Bon, je vous conseille vraiment les deux, mais dans un ordre bien préci quand même : en premier le thriller, comme ça, vous êtes dans de bonnes conditions pour vous poiler et oublier l'ami imaginaire psychopathe !
20 mars 2008
Le lexique mental
Késaco ?? Et bien le lexique mental est tout simplement notre dico interne, notre base de donnée des mots que l'on connaît et la signification qui s'y rapporte (à 99%, car des fois, on connaît des mots, mais pas leur signification). Bref, ce lexique mental entre en compte dans un phénomène que tout le monde connaît : le mot sur le bout de la langue. Celui qu'on cherche à un moment x mais qu'on ne retrouve qu'entre quelques heures à trois semaines après. Celui qui vous plombe la soirée parce que du coup, vous cherchez par tous les moyens quel est ce put*** de mot (et pour les gens comme moi, vous rentrez chez vous et faites une recherche internet pour le retrouver afin qu'il ne vous empêche pas de dormir)
Bref, ce phénomène de "mot sur le bout de la langue" ("BdL" ou "mot qui manque") est en fait une difficulté de récupération du mot, lorsqu'on doit dire ce mot, stocké dans notre lexique mental. Une sorte de difficulté momentanée d'accès à notre base de donnée en gros.
Pourquoi je vous parle de tout ça ? Et bien parce que dans l'une des expériences qui aborde ce phénomène, on y apprend que dans notre belle langue, il existe des mots peu fréquents et des mots rares :
Les mots peu fréquents ont 8 à 18 occurrences par million de mots,
Et les mots rares, moins de 5 occurrences par million de mots !
Vous allez me dire "langueyeur", ou "eschatologique" sont des mots rares, à coup sûr ! Qui s'en sert aujourd'hui, voir-même, qui en connaît la signification !
Et bien pour tout vous dire, il y a de fortes chances pour qu'ils fassent plutôt partis des peu fréquents, car cette liste prend en compte les mots de la littérature Française du début du 20ème siècle ! Il était sans doute plus courant de les employer qui sait !
Enfin, toujours est-il qu'aujourd'hui, on s'est livré à la-dite expérience. Le but du jeu est de trouver le mot qui correspond à sa définition. Soit on trouve de suite et on est sûr, soit on trouve mais on est pas sûr, soit on trouve pas tout court, soit on trouve pas mais ça nous fait penser à quelque chose (phénomène du BdL). Elle sert à mesurer ce phénomène et à étudier par quel moyens on retrouve le mot (syllabe, synonyme, etc.) Ainsi, j'ai appris que :
Sceau, sentinelle, moisson, malédiction, avarice et hospitalité sont des mots peu fréquent selon cette liste.
Appeau, farandole, lutin, cyclope, anarchie et sampan sont des mots rares, toujours selon cette même liste.
Il en ressort quand même qu'il s'agit de mots peu utilisés, mais il est amusant de voir que "lutin", qui est un mot rare, sera aujourd'hui sans doute plus utilisé que "sceau" par exemple. Toujours aujourd'hui, le mot "anarchie" à sans doute été plus utilisé que le mot "sentinelle". Il faudrait une petite réactualisation de cette liste en fait ;)
Pour anecdote, la difficulté dans cette expérience est de déterminer s'il s'agit d'un mot qui est familier et qu'on a du mal à rappeler, ou bien qu'on ne connaît pas du tout, mais qu'on va essayer de trouver quand même histoire de pas passer pour un naze. Car selon les cultures, l'âge et le niveau d'études, des mots nous seront plus familier par rapport à d'autres personnes de condition différente.
Par exemple, la définition du mot "parallélogramme" parlera sans doute plus à un élève de 4ème qu'à une personne du quatrième âge qui n'a que le BEP et donc peu de connaissance concernant "un quadrilatère dont les côtés sont parallèles deux à deux". Bon, heureusement, une liste de synonymes est quand même acceptée, donc, si on met "carré" au lieu de "parallélogramme" ça marche aussi. Mais bon, en même temps, à part dans les bouquins de maths (qui, à mon avis, ne sont sans doute pas pris en compte dans "littérature du 20ème siècle") je doute fort qu'un auteur nous parle de parallélogramme dans son roman, donc lui doit faire partie des mots inexistants (nan nan, même pas rares : I-NE-XI-STANTS !)
Enfin, à la base, je vous parlais de ça pour caser mes trois mots pour vous faire part d'un fou rire que j'ai eu en cours : avec les mots, on a tenté de faire des phrases en casant tous les mots. Ca donnait des trucs du genre :
"Ce matin, je partais en sampan pour aller faire les moissons, lorsque je vis un cyclope et son lutin. Diantre ! Fichtre ! J'ai eu peur qu'ils me lancent une malédiction, car chez eux, ça n'est pas une avarice. Ça aurait sans doute provoqué l'anarchie que de devoir danser la farandole sans fin, en sifflant dans mon appeau à nain ! J'aurais sans doute été obligée de proposer l'hospitalité aux sentinelles qui rôdent dans les alentours, si je voulais éviter qu'ils m'apposent le sceau des sots !"
N'empêche, je récupérerais bien la liste complète de ces mots rares, histoire de continuer à faire des histoires avec !
NB : comme je ne peux mettre qu'une seule catégorie sur un post, je le met dans la catégorie "culturation" car elle me semble plus indiquée, mais elle compte aussi dans la catégorie "The three words in game" puisque j'ai casé les trois mots. Vous savez donc ce qu'il vous reste à faire ;)
Mots placés : langueyeur, eschatologique et parrallèlogramme
Mots à placer dans le prochain post : ?
04 novembre 2007
Merci !
Un grand, que dis-je, un énorme merci à Calorine, qui m'a fait découvrir ce sublime album : Antonhy And The Johnsons - I am like a bird now.
Une soirée, une chaîne Hi-Fi. Par chance je suis juste à côté, ça m'a sans doute permis d'être envoutée littéralement par cette voix hors du commun. Après avoir écouté Amy Winehouse en boucle chanter que non, non, non, elle n'ira pas en cure de désintox (pourtant, vu sa tête, elle devrait) Calorine nous met un OVNI. Oui, L'OVNI c'est le CD que personne ne connaît, que l'on fait découvrir par bouche à oreille, qu'on initie. Le CD qui te transporte, celui qui te plait, qui te rappelle des airs. Celui que tu penses forcément avoir entendu quelque part, du fait de certaines notes qui te sembles familières. Celui qui te fait vite oublier ces notes familières et cette recherche pour t'envouter totalement. Tu te laisses happer par cette mélodie si aérienne et pourtant, si peu conventionelle. Tu cherches des groupes qui ressemblent, "on dirait machin", mais non, aucun doute n'est permis, ce n'est sûrement pas machin. Machin à beau être doué, machin à beau avoir fait des chansons qui t'ont transportées, jamais ça ne l'aura fait autant qu'avec cet OVNI.
Des CD comme ça, c'est rare. Quelques fois par an si on est chanceux. Sinon l'espace entre chaque découvertes se compte en années. Et L'OVNI surgit aussi bien en soirée, qu'à la médiathèque, qu'en magasin, parce qu'un initié a décidé que ça se découvrirait en masse. Mais en soirée, c'est beaucoup plus agréable, on peut s'abandonner à l'écoute, sans se préoccuper de ce qu'il y a autour. C'est plus intimiste. Et attendre patiemment de rentrer chez soi pour écouter le CD emprunté, et là, tu redécouvre une deuxième fois ! Autre ambiance, découverte de la subtilité du piano, de la voix, c'est magique.
Premier sons entendus et la voix aérienne me transporte, celle de la chanson Hope There's Someone. (Feat. Joey Gabriel) Bonne écoute ;)
Puis, au fur et à mesure de l'écoute, survient You Are My Sister. C'est la chanson coup de coeur de Calorine, et je la comprend. (Feat. Boy George, sur le CD et dans le live, comme ici)
On trouve aussi d'autres artistes comme Devenra Banhart, Boy George, Lou Reed, Rufus Wainright et Julia Yasuda. Ce qui n'est pas rien. D'ailleurs, si vous souhaitez écouter certaines de leurs chansons, allez faire un tour sur leur site
26 octobre 2007
Fermée
Je vous annonce que ma vie sociale sera fermée (ou du moins restreinte, très restreinte), pendant la lecture du dernier tome de Harry Potter. Il est donc bien évident que je ne pourrais pas alimenter ce blog durant ce temps, mais pour me faire pardonner, je vous met une jolie photo de la couverture anglaise (ou américaine, que sais-je) du bouquin. C'est-y pas gentil de ma part ça hein ??! Aller, à bientôt les drôles !
23 septembre 2007
Qu'est-ce qui se passe quand ?... N°5
... Avec ma chérie, on regarde :
Alors ouai, je vous vois venir à dix kilomètres "Vous regardez Popstars, c'est nul, c'est une grosse daube audiovisuelle, blablabla !" Et moi de vous répondre que si on regarde, c'est pour pouvoir critiquer sans scrupules, que ça nous détend les zygomatiques, et que ça remonte le moral de voir des gens plus blonds que soi.
Et puis même si ma chérie et moi ne savons ni chanter, ni danser, nous avons au moins l'intelligence de ne pas aller nous prostituer prosterner devant un jury aussi compétent que Jean-Pierre Raffarin en Premier Ministre (et voilà comment je réhausse un peu le débat avec de la politique !)
Déjà, Popstars se veut être à la chanson ce que le marais est à Paris : un repère de gay. Je crois que le seul mec qui n'avait ni le physique, ni la carrure, ni les goûts musicaux pour aller chanter dans un cabaret de transformistes était tout simplement le mec qui chantait comme Joey Star (Je reviendrai sur lui un peu plus tard). Entre le gay fan d'Ophélaïe, celui fan de Mariah Carey (il a tous ses disques, et même des posters, sisi) on était à fond dans le cliché. Et le pire, c'est que la gente féminine n'a pas été épargnée non plus. Si vous avez déjà été faire un tour au Pulp, vous connaissez ce genre de fille : Matt Pokora avec des seins (mais pas sans la barbe). Plus généralement, les seules nanas que j'ai vu fringuées comme la pire des caillera, et ce, sans jamais en voir ailleurs qu'au Poulpe. Ca nous a donc fait un choc quand on en a vu une, pensez vous !
Ensuite, cette émission se fait forte d'être la pionnière à présenter autant d'extravagance capillaire en une heure et demie. Par extravagance, j'entend forcément quelque chose qui sort de l'ordinaire, mais sans style et de mauvais goût. La palme étant bien évidemment décernée à Mya Frye (Faites genre que vous êtes un peu étonné quand même !). Mya Frye qui change de coupe de cheveux autant qu'elle ne renouvelle pas ses neurones. On a eu le droit au fameux "poulpe" que Benoit Poolvorde lui avait envoyé à la tête sans qu'elle s'y attende ("Bon toi, avec le poulpe sur la tête, tu dégages !" Mythique cette réplique quand même !). On a aussi eu la princesse Leïa, un classique. Et bien d'autres dans un style plutôt indéfinissable en général. Alors quand elle trouvait des mecs et des nanas qui avaient une coupe de cheveux aussi improbable qu'elle, c'était dans la poche pour eux : "Ouai, il a du style, de la classe blablabla"
Le principe de l'émission maintenant : monter un groupe de R'n'B (comme si on en avait déjà pas assez...). Quand je m'imagine un groupe de R'n'B, j'imagine forcément des gens qui savent chanter (Beyoncé par exemple). Et bien le jury ne semble pas de mon avis. Pour l'un d'entre eux, manager de NTM et Joey Star depuis 20 ans, rapper semblerait plus favorable à l'idée qu'il se fait du groupe qu'il souhaite monter. Enfin bon, quand un mec passe et aboye tel Joey Star qui chante "dans ma benz benz benz", l'autre mouille son froc et bave sur le bureau. Quand une greluche passe et lui dit d'emblée qu'elle "kiffe" Diam's, même réaction. Et quand cette dernière se met à chanter façon pouf sur du diam's (imaginez les poufs qui parlent du nez, ben là c'était la même) l'autre lui sort que c'est trop bien, parce qu'elle rappe de manière féminine... Nous étions partagées entre rire et consternation à ce stade, je vous rassure.
Mais le mieux du mieux, c'est la leçon de psychopathologie by Ophelaïe. Là, je crois que je peux la remercier dès maintenant, car je vais pouvoir rentrer sereine dans mon année de psychopatho, et grâce à elle, assurer mes partiels avec une notion essentielle. On remet dans le contexte : une candidate est pétrifiée et bloque devant le jury. Finalement elle finira par chanter à la fin et assurer. Deuxième étape, chant et danse. Elle assure en chant, mais en danse, ça laisse à désirer. Elle revient pour qu'on lui annonce ses résultats et au final, le jury lui explique qu'elle se met trop la pression toute seule ce qui la bloque sur ses performances etc. Mais grâce à Ophelaïe, apprenons un syndrome tous les jours ! Aujourd'hui : le syndrome du baissage de bras !! Celui là, elle a du aller nous le chercher au fin fond du vide intersidéral qui peuple sa boîte cranienne ! Pour ceux qui ne comprendrais pas, le syndrome du baissage de bras n'est autre qu'un terme de psychologie de bazar (ai-je besoin de le préciser ?) pour expliquer...le manque de confiance en soi. Eh oui, tout ça pour ça... Ce à quoi je pourrais ajouter le ditress, qui n'est autre que du mauvais stress et qui pèse sur les performances, ou encore trop de pessimisme défensif (se convaincre qu'on est pas capable quelques temps avant la performance, pour faire baisser la niveau de confiance en soi et ainsi augmenter la vigilence et l'eustress, le bon stress). Tout compte fait, je n'ai pas besoin d'Ophelaïe pour mes partiels, encore heureuse, mais je lui enverrai peut-être une copie de mon dossier "L'influence des émotions sur une performance", qui sait, peut-être même qu'elle sait lire.
Voilà, si vous vous sentez d'humeur maussade, regardez Popstars, syndrome de remontage de moral garanti.
19 août 2007
Une victoire, un coup de gueule
Une fois n'est pas coutume, je vais parler sport sur ce blog. J'avais parlé dans cet article de ma période spot à haut niveau, et notamment qu'une de mes concurrente était aujourd'hui dans l'équipe nationale. Cette athlète, Amélie Cazé, a été sacrée aujourd'hui même Championne du Monde ! Elle est ainsi la première française à accéder à ce titre, et décroche par là même une place directe pour les JO de Pékin. C'est donc de très bonne augure pour une médaille aux JO. Félicitation à toi Amélie ;) ! (Plus de détails sur le site de Pascal pour éviter la paraphrase)
C'est donc une très bonne nouvelle, d'autant plus que le journal l'équipe compte faire une demi page, dans l'édition de demain, sur cet évenement. C'est tellement rare qu'on a envie de le souligner. Maintenant, le coup de gueule. Il est pour les médias télévisés se rapportant au sport.
Ironie de la chose, l'équipe magazine à pour habitude de publier un carton rouge dans chacune de ces éditions. Ca m'a assez marqué, car pendant mon sport étude, je suis tombée sur un carton rouge retranscrivant les propos d'un certain Mr Sanchez (Directeur à l'époque du comité international olympique il me semble, ou un truc dans ce goût là). Ce cher monsieur disait notamment que le pentathlon moderne féminin n'avait pas sa place aux JO, tout comme l'haltérophilie dame. Comprennez par là que le pentathlon est un sport de mec. Sachant que tous les sports n'ont pas forcément de place aux JO ce cher mysogine comptait sans doute privilégier une place pour un sport plus macho, genre le rugby, et priver l'accès aux femmes à un sport dont la discipline est déjà accessible aux hommes depuis un moment... Pour anecdote, les femmes pentathlètes n'ont eu accès aux JO qu'a Sydney, c'est-à-dire en 2000.
Tout ça pour dire que je tenais en estime ce carton rouge de l'équipe magazine, et par là même, ce journal en référence dans le monde du journalisme sportif. Mais mon avis vient de changer ce soir. En tous cas, pour l'équipe TV. Je vais donc à mon tour descerner un carton rouge à cette chaine. Sur toute une édition, qui doit durer environ 15-20 minutes, pas un seul mot sur la performance d'Amélie ! Même pas en bas de page, sur les infos qui défilent. En revanche, on peut y apprendre les résultats de foot dans les championnats de France, d'Allemagne, d'Angleterre, et de je-sais-plus-quoi-encore-mais-de-toute-manière-je-m'en-contre-fout-puisque-j'aime-pas-ce-sport-d'attardés. On y apprend aussi que Materazzi à dit à Zidane "J'aurais préféré ta putain de soeur" lors du mondial de foot, mais à vrai dire, je m'en contre-balance comme de ma première culotte de savoir ce qu'a pu dire le rital. D'autant plus que maintenant, je classerai plutôt ça dans une rubrique people aux vues de ce que Zidane et le mondial sont d'actualité aujourd'hui. On y voit aussi du tennis, pour changer. Et un docu rapide sur le match France-Angleterre en rugby, mais ça, ça passe, puisque le mondial va arriver bientôt en France. Des résultats de rally, de basket, de moto, mais pas un seul petit mot, ni une seule petite image sur la coupe du monde et la victoire d'Amélie. Tout simplement affligeant.
Mon deuxième carton sera jaune, et pour la chaîne Infosport, la chaîne sport de I-télé, donc une filiale cablée de canal+. Carton jaune, car la victoire d'Amélie était au moins affichée dans les infos de bas de page. Mais pour le contenu des infos en image, que dalle !
Donc coup de gueule sur ces deux chaînes. Eurosport passait le fameux rally, il n'y avait donc pas le journal, mais je ne sais pas s'ils vont en parler aussi. Au pire, il me reste un jeu de carton rouge et jaune...
Sinon, côté boulot, c'est coussi-coussa. La session se passe pas trop mal, si ce n'est qu'on doive faire du babby-sitting pour animateurs incompétents. Après la directrice qui les a pris en entretien, l'adjointe, celui qui, au niveau expérience, suit dans la file, ça a été mon tour de leur expliquer les choses vendredi. Une sortie à 42 gosses dans un grand parc, toute la journée, 4 anims dont un stagiaire... Autant vous dire que j'ai souffert ! Le chef est même passé en personne pour constater l'étendue des dégâts, et leur sortir les doigts du cul. Mais je crois que leur réexpliquer les choses gentillement une dernière fois n'aura pas été de trop. La semaine prochaine on va être sur une structure de 150 gosses en capacité d'accueil (toujours en travaux apparement, on va peut-être même se retrouver sans centre). Autant vous dire que la gestion des activités, le positionnement, et la sécurité en sortie ne vont pas du tout être les mêmes que pour 30-40 enfants ! Mais c'est pas grave, j'ai eu au moins un avant-goût de mon futur boulot en RH, on va voir si ça a porté ses fruits ;)




