06 mars 2009
"Pécresse, Régresse !"©
Hier, je suis allée manifester auprès des enseignants chercheurs. C’était ma première manif, j’étais toute émue ! Le titre de ce post est d'ailleurs l'un des slogans qu'on pouvait y entendre.
Je ne ne sais pas si les enseignants chercheurs ont totalement raison dans leurs revendications, mais ce que je vois, c’est que ça fait un mois que je n’ai eu aucun cours, zéro, rien, nada ! Donc entre rester chez moi à rien faire, ou aller les soutenir (histoire de grossir les rangs pour faire un peu plus peur au gouvernement) mon choix a été vite prit.
Bon, on est militant ou on ne l’est pas : le cortège partait de Denfert-Rochereau et allait jusqu’aux Invalides. Nous, on l’a récupéré à la moitié du chemin, à Montparnasse, après avoir bu un verre pendant deux heures. Le début de cortège dans la foule compacte, non merci !
Ensuite, on a remonté le cortège pour trouver ceux de Paris X, au passage on en croisait qui était super animé, avec des percu et tout. On voulait les rejoindre, mais notre côté “j’appartient à telle fac” à reprit le dessus. En fait, on s’attendait surtout à voir pas mal de monde de notre fac. Tu parles ! 4 banderoles qui se battaient en duel et des voix plus qu’essoufflées !
On a retrouvé Pétrushka, qui avait l’air ravie de nous voir : on espère secrètement qu’elle nous mettra des points en plus pour notre partiel, et je croise les doigts pour qu’elle ne m’en mette pas moins que les autres parce qu’elle m’a vu danser et chanter comme une casserole derrière la sono de la CGT. Ben oui, parce que l’ambiance était tellement morte (chacun se parlait dans son coin, pas de slogans criés…) qu’il nous a fallu nous coller à la voiture de la CGT pour avoir un semblant d’ambiance (très Disco la playlist de la CGT d’ailleurs).
C’était une manif calme, bon enfant, et pour une première, l’idéal.
Et on a fini par une petit balade dans Paris, avec un coucher de soleil plus qu'agréable, je regrette pas d'avoir fait quelques petits détour pour faire une partie "tourisme".
Maintenant, je cherche dans les médias quelques infos, et c’est incroyable de voir que ça passe inaperçu ! Ce que les médias ne disent absolument pas, c’est que si les syndicats d’enseignants-chercheurs n’obtiennent pas satisfaction, ils ne participeront pas à l’élaboration des sujets de partiels, ni aucun jury. Ça ne vous parle pas ? Et bien déjà, ça signifie que toute l’université va stagner à la même année puisqu’il n’y aura pas de partiel (en gros, mon premier semestre je l’aurai dans le cul). Ensuite, il faut savoir que pour n’importe quel jury du baccalauréat, il y a un enseignant-chercheurs qui préside, donc s’ils boycottent, ça signifie qu’il n’y aura pas d’épreuves de Bac, ni de Capes. Là, je crois que l’argument de pression est assez convaincant...
Je m’amuse à regarder les commentaires des gens sur les articles de presse en ligne, et tous ont le même discours : “profs-étudiants = même combat = fainéants”. Sans oublier le “ils nous empêche d’aller travailler !” ou bien “dès qu’il y a une réforme en France, de toute manière c’est la grève assurée !”. Je m’interroge, sur ce que savent vraiment ces gens, des informations données par la presse, sur la validité des revendications des profs, sur la grève en France en général…
Un commentaire parlait du fait qu’il n’y a jamais autant eu de corporation de métier aussi unis dans la grève, et c’est vrai que ça donne un peu cette impression. Cette tendance à revendiquer plus nos avoirs quand dans d’autres pays est-il dû à notre passé de révolutionnaire, ou bien est-ce dû au fait qu’en France, l’habitude à été prise de passer des réformes sans consulter les gens qui travaillent sur le terrain ?
J’entendais un monsieur (ayant un statut qui lui apporte validité, mais je ne me souvient plus lequel c’était) qui disait que dans les pays Scandinaves, il y avait peu de manifestations, mais parce que le gouvernement discutait énormément avec les syndicats, il y avait un dialogue et non pas un rapport de force.
Bref, je m’interroge… Si la psycho m’a apprit quelque chose, c’est qu’il est très facile de manipuler les opinions en jouant sur pleins de facteurs. De là, il devient dur de pouvoir se faire une opinion à partir d’une source qui n’a pas déjà été manipulée ou biaisée.
Ce qui me fait peur aussi, c’est de voir le comportement de la presse, qui relaye des infos erronées ou à la va-vite, voir ne relaye rien du tout, alors qu’une menace de boycott d’examen, ça n’est pas rien quand même. Ils posent l’image d’une énième manifestation stérile du milieu estudiantin alors que c’est la question de l’indépendance de la recherche qui se pose parmi les revendications (je ne sais pas si vous vous souvenez de ce projet de loi pour détecter la délinquance infantile ? Et bien, projetez-vous dans une recherche qui n’est pas indépendante et voyez ce que ce projet de loi aurait pu donner…)
Au fur et à mesure de ma réflexion, il est a noter que j’ai pu mettre en application mes cours de sociale sur moi : je ne m’identifie pas fortement à mon groupe (les étudiants/l’université) pourtant, lorsque je vais manifester en dilettante et que j’entends les passants gueuler sur les manifestants, je ressent un besoin interne de justifier plus fortement ma position d’étudiante pour être cohérente avec moi-même. (faudra que je vous fasse un petit article sur les groupes, c’est très intéressant, et vous vous marrerez encore plus en regardant Koh-Lanta !)
Tout ça pour dire que la semaine prochaine, si les grèves et les manifestations doivent être maintenues, je retournerai manifester en dilettante, parce que je sais pas pourquoi, mais j’ai plus confiance en mes profs qui nous parlent de leur conditions de travail qu’en un gouvernement qui veut passer des réformes sans consulter les gens de terrain, et parce que je ne perçois pas ça comme un combat de gauchos, mais comme un revendication qui unit tous les bords...
02 mars 2009
Non merci !
Ça vous est sûrement arrivé de vous promener en ville et de tomber sur des gens qui distribuent des tracts, des bibles, font une récolte de don pour l’humanitaire, font signer une pétition, ou bien font des sondages. C’est un peu chiant, car vous ne savez pas comment les éviter. Et bien je vais vous donner quelques techniques pour traverser le banc de parasites sans vous faire avoir.
- Les tracts/bibles -
La technique du ninja
Elle consiste à vous faufiler derrière des gens, les coller suffisamment près pour que ce soit à eux qu’on donne le tract, le temps que les distributeur de tract en prennent un autre à vous donner, vous les avez déjà dépassé !
Bon, il faut être quand même bien agile, car ils s’étalent souvent sur plusieurs dizaines de mètres, se placent à droite comme à gauche, donc il ne faut pas hésiter à changer de “lièvre” (celui qui est devant vous) pour bien les éviter. (et marcher vite est vivement conseillé pour traverser le banc le plus rapidement possible)
La technique de l’aimable
Tout simplement préparer un “non merci” et un sourire au moment où vous passez, sans vous arrêter. En général, ces pauvres bougres passent beaucoup de temps dehors, alors une parole polie et avec un sourire, c’est quand même mieux que l’ignorance. Bon, ça dépend de votre humeur du jour et de qui distribue des tracts, je vous l’accorde.
La technique de l’homme invisible
Celle-ci, c’est quand vous n’êtes pas de bonne humeur. Vous tracez votre route coûte que coûte, et articuler un mot ou étirer vos zygomatique demanderait trop d’effort, alors vous faites comme s’ils n’étaient pas là.
Il y a la variante de la discussion entre amis qui vous accapare tellement que vous ne voyez pas les gens qui vous entourent. Un débat animé sur le menu du resto U suffira à faire croire que prendre un tract vous obligera à interrompre votre débat, pas besoin d’avoir un sujet super profond (on vous demande pas d’être crédibles non plus !)
La technique de la vanne
Pour ceux qui distribuent des bibles, vous aurez sans doute remarqué qu’ils ne manquent pas d’arguments à vous dire, même si vous avez pratiqué les techniques précédentes L’ignorance est leur fond de commerce, ils sont extrêmement mieux organisés niveau placement que les petits étudiants syndiqués (ils se placent deux par deux, ce qui permet de recharger extrêmement vite pour tendre une bible) et ne manquent pas d’aplomb (ils tenteront de convaincre les plus réticents, même ceux qui leur répondent qu’ils sont musulmans, rien ne les arrêtent !).
Deux options : soit vous faites votre tête de mal aimable et ne répondez pas à leurs “arguments” quoiqu’il arrive, soit vous rentrez dans leur jeu et vous leur coupez la chique. Ainsi, si vous avez du répondant, ça peut être amusant (“ah non merci, mais c’est contre ma religion ça !”). Quoiqu’il arrive, ne réduisez jamais la cadence de marche !! Ils vous sauteraient dessus autrement.
- Les œuvres caritatives -
Les techniques citées ci-dessus marchent bien, mais il arrive parfois qu’un gars de l’Unicef ou de la lutte contre le cancer/sida vous alpague malgré tout.
Qu’on soit bien d’accord, ceux là n’ont pour but que de vous poussez au don, pas à répondre à quelques questions. Dans mon cas, je n’ai pas de salaire fixe, donc je ne peux me permettre de leur dire oui pour le don (car ils retirent mensuellement une somme de votre compte bancaire).
J’ai du mettre en place certaines techniques après m’être fait avoir une fois :
Soit je leur dit “ désolée, je suis en retard !” avec un sourire (oui, c’est souvent un gros mensonge, mais comme je marche toujours vite, que je sois en retard ou non, on voit pas la différence)
Soit je leur dit que j’ai déjà donné la dernière fois qu’ils sont venus (ils viennent très souvent, donc là aussi c’est plausible) et toujours avec le sourire.
Soit je leur dit avec un sourire qu’ils sont déjà venus sur ma fac lorsqu’on est en ville (et là aussi, ils lâchent très vite prise puisque les fac sont leur premier lieu de démarchage). Notez bien que je ne spécifie pas avoir donné, et pourtant ils n’insistent pas, preuve que ça suggère suffisamment.
- La pétition -
Pareil que pour les autres, toutes les techniques citées précédemment marchent. Mais il arrive parfois que vous ne soyez pas seul, et que les personnes qui vous accompagne n’aient pas encore acquis ces techniques, ainsi ils se font alpaguer, tout comme vous du coup. On vous demande de signer une pétition pour une cause qui ne vous concerne pas plus que ça. Et bien faites attention à l’effet de groupe, car si les autres signent, vous allez vous sentir obligés de faire pareil sous peine de vous sentir quelque peu déviant/sans cœur/ insensible (Quoi ? Ah, ça n’arrive qu’à moi parce que je suis trop gentille ? Ah, bon… Au temps pour moi !). Toutefois, si ça arrive, évitez de laisser trop de données vous concernant, voir laissez de fausses cordonnées (surtout dans le cas où c’est un peu “arraché” car ceux qui emploient ces méthodes n’ont pas forcément de justes causes… Ce serai dommage d’y être alors associé !)
- Les sondages -
Ceux là, je ne leur refusent pas un peu de mon temps si je ne suis pas pressée, car je me suis retrouvée dans leur situation et le serai encore à nouveau pour faire passer nos expériences. Je sais quelle galère c’est que de faire arrêter les gens pour qu’ils veulent bien répondre à vos questions (qui généralement ne sont pas très intrusives et ne prennent pas trop de temps en plus de ça).
Donc si vous tombez sur un de ceux là, et que vous avez un peu de temps devant vous, s’il-vous-plaît, arrêtez vous et répondez à ses questions, il s’agira peut-être d’un pauvre petit étudiant de psycho qui a une centaine de ces questionnaires à faire passer en quelques semaines seulement ;)




